Oui, parce que si je ne poste pas de billet, ce n'est pas parce que je n'ai pas d'inspiration, non non Manon. C'est juste qu'avec l'intensité de ma vie professionnelle, sexuelle, culturelle, spirituelle etc. les trente minutes qu'il me faut pour coucher 3000 caractères sans (trop de) fautes constituent un sacrifice digne des plus grands martyrs. Alors, pour votre plus grand plaisir, je me sacrifie encore une fois, public avide et avachi. Je vous fais don de moi. Que dis-je, je m'allonge sur l'autel de votre curiosité malsaine, offert au couteau implacable de votre regard empli de perversion lubrique et baveuse.

Je vais vous entretenir cette fois de la limitation à 80 clics à l'heure que vient de poser cet abruti de Macron (il s'ennuie comme tout le monde, alors il joue avec ce qu'il a sous la main : la Loi et les députés, faut le comprendre quand même).

Avec cette nouvelle limitation, il pense emmerder les webmestres. Mais figurez vous que je lui réponds "même pas peur". En effet, je n'atteins pas les 80 visites à l'heure. Pas même au jour. Pas même au mois. Tout juste au semestre. Et j'en suis fier, Pierre. Car si le blogueur moyen cherche avidement la célébrité pour pouvoir placer des produits, je cultive cette posture de l'écrivain maudit. De mon vivant, quelques rares esprits supérieurs auront eu la chance de découvrir mon œuvre, émerveillés, incompris et fascinés. Un groupe d'êtres privilégiés, somme toute.

Comme tout écrivain maudit, je sais que mes proches, laissés dans le plus grand dénuement par ma disparition, tenteront de tirer quelque profit (au singulier, c'est plus chic) de mon génie injustement méconnu (enfin, c'est ce qu'ils diront). Et il se pourrait bien à ce moment (et je leur souhaite), qu'ils soient rattrapés par la limitation des 80 clics à l'heure. Mais j'extrapole, Popol. Je voulais donc vous parler des quelques fous (et folles, ne soyons pas sexiste) qui auront rendu visite à ce blog de mon vivant. Et croyez-moi, ça vaut le détour.

Commençons par cet internaute qui m'a rendu visite du Portugal, puis des États-Unis, puis du Brésil, puis du Guatemala... En arrivant sur mon outil d'analyse de trafic que je fréquente assidûment tous les trois à quatre mois, mon œil a été inévitablement attiré par cette carte qui montrait du trafic venant des quatre coins de la planète (quand je pense que les journalistes qui ont pondu cette expression ont fait science-po, ma main tremble de l'envie d'appuyer sur le bouton rouge de la fin de l'humanité). Mais c'est que je ne suis pas tombé de la dernière pluie, Lucie. En effet, dans la "signature" de ce mystérieux internaute apparaît un lien http://resell-seo-services.com/try.php?u=http://yabac.net. Au cas où vous ne le sauriez pas, le SEO, ce sont les méthodes qui promettent d'apparaître tout en haut des résultats de recherche par Google. Le blogueur moyen, avide de trafic, ne brillant pas par son intelligence, va évidemment cliquer immédiatement. Ce faisant, il va augmenter le trafic sur ce site, qui, soit n'est qu'une putaclic (càd un site qui n'a d'autre objectif que d'avoir des clics pour vendre de la pub) ou un site qui vend du SEO (voire les deux). Comme je ne suis ni blogueur, ni moyen, ni avide (sauf du corps de ma femme, surtout entre les nuits de pleine lune), je me suis empressé de me réjouir de la bêtise du procédé et de ne pas cliquer. Non mais, si on n'est pas là devant la démonstration de la cupidité et de la bêtise humaine, je ne sais pas où on est. Ah si, il y a encore plus crétins que ceux qui imaginent ce genre de piège à mouches : il y a ceux qui s'y laissent prendre. Bref.

Le deuxième exemple a toute ma tendresse : figurez-vous qu'il (ou elle, ne soyons pas sexiste) a lu toutes les pages de mon blog au cours de la même visite. Même si j'ai une conscience aiguë de mon génie (injustement méconnu), soit il (ou elle) s'emmerdait grave, soit il (ou elle) est sérieusement dérangé(e). Voire, les deux à la fois. Alors cher lecteur (ou lectrice) qui m'a rendu visite le 25 mai à 7h57, avec le navigateur Chrome, sous windows 10, une fenêtre de 1024x768 (ah ah ! Ridiculement petit) venant des Etats-Unis (sûrement une erreur de paramétrage de ton navigateur, ou une vaine tentative pour tromper les analyseurs de trafic) avec l'adresse IP xx.xxx.xxx.xxx (je respecte ta pudeur, quand même), poste moi donc un message privé ; je t'invite chez moi, j'ai un divan confortable avec un fauteuil à côté. Tu pourras tranquillement me parler de ton enfance. Et si tu es une femme, nous regarderons ensuite des films de Sam Peckinpah et de Stanley Kubrick. Tu verras, ce sera bien et après, tu te sentiras mieux. Bref.

Je voudrais aussi exprimer ma tendresse à l'adresse IP xxx.xxx.xxx.xxx, avec un iPad dernière génération : je sais que c'est toi, mon cher et tendre ami Lyonnais. Et à ces deux farfelus qui ont un ordinateur sous Linux/Ubuntu : c'est un honneur d'avoir parmi mes lecteurs des Geek à poils longs (de Lama). Et à vous autres, tous, rares privilégiés, esprits supérieurs. Je vous aime.

Je sais, c'est long pour vous dire seulement "je t'aime". Mais l'amour, c'est comme la cuisson de la Daube Provençale : au plus c'est long, au plus c'est bon.